L’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), grand établissement à caractère scientifique, culturel et professionnel sous tutelle du Ministère de la jeunesse, de
l’éducation nationale et de la recherche , a pour vocation d’enseigner les langues de l’Europe Centrale et Orientale, de l’Asie, de l’Océanie, de l’Afrique et des populations aborigènes de
l’Amérique, ainsi que la géographie, l’histoire, les institutions, la vie politique, économique et sociale des pays concernés (décret statutaire 90-414 du 14 mai 1990).
Au total, une centaine de langues et civilisations sont enseignées ; pour certaines d’entre elles seul un cursus partiel est assuré. A cela s’ajoute un
enseignement à vocation professionnelle au sein des filières.
L’INALCO (connu aussi sous le nom de Langues O’), héritier direct de l’Ecole des Jeunes de Langues jadis fondée par Colbert puis de l’Ecole des Langues Orientales Vivantes
recréée par la Convention de 1795, est un établissement riche et fier de ses traditions.
Dès leur origine les Langues O’ se sont vu confier une mission qui les singularisait face aux autres établissements d’enseignement supérieur : il ne s’agit pas de se contenter d’une approche
purement universitaire ou académique des autres langues, des autres peuples, des autres cultures. Leur but essentiel est de connaître, au sens premier du terme, les autres, tous les autres, nos
interlocuteurs. Les Langues O’ sont les témoins actifs de la richesse et de la diversité des peuples du monde.
Reconnaissant une même valeur à toutes ces langues et à toutes ces cultures, l’INALCO témoigne de la respectabilité de tous ceux qui les parlent et les vivent.
UNE HISTOIRE RICHE
L’héritage de Colbert
C’est au XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIV, que remontent les lointaines origines de notre établissement. A cette époque, en effet, s’imposa l’intérêt d’établir des relations directes
entre la France et les pays du Levant, sans passer par des intermédiaires locaux. Concrétisant cette idée, Colbert créa, en 1669, une institution qui devait former de jeunes Français au métier
d’interprète (on disait alors drogman, de l’arabe turjuman : traducteur, interprète, truchement, comme le Covielle du Bourgeois Gentilhomme). Cette École, qui prit le nom d’École des Jeunes
de Langues, fut annexée au XVIIIème siècle au Collège des Jésuites, futur lycée Louis le Grand.
La fondation de l’école en 1795
La Révolution, reprenant l’idée à son compte, mais sans toutefois abolir l’École des Jeunes de Langues partagée entre Louis le Grand et Constantinople, institua une nouvelle école chargée de
former de futurs interprètes en langues orientales, la nôtre : Le décret-loi du 10 germinal An III (30 mars 1795), promulgué sous l’impulsion de Lakanal, crée, dans l’enceinte de la
Bibliothèque Nationale, l’École spéciale des Langues orientales, avec pour mission d’enseigner des langues orientales vivantes "d’une utilité reconnue pour la politique et le commerce". Les
premières langues enseignées furent l’arabe " littéraire et vulgaire ", le turc et le tatar de Crimée, le persan et le malais.
Louis-Mathieu Langlès, de 1795 à 1824 et Sylvestre de Sacy, de 1824 à 1838, ont été les premiers présidents de l’École. Louis Mathieu Langlès était professeur de persan, Sylvestre de Sacy
professeur d’arabe littéral.
A l’étroit rue Neuve des Petits Champs, en raison de l’accroissement du nombre de ses chaires et parce qu’elle paraissait trop dépendante de la Bibliothèque Nationale, l’école fut transférée en
1874, au 2 puis au 4 rue de Lille, à l’initiative de l’administrateur de l’époque, Charles Schefer. En même temps et en raison du succès de l’école des Langues orientales, l’école des Jeunes de
Langues cessa ses activités.
En 1914, le décret du 8 juin rajeunit le règlement, qui restera en vigueur jusqu’en 1971 : de " spéciale " l’école devient " nationale ". Elle est alors connue sous le surnom familier de
"Langues O’". Le nombre des langues, d’une vingtaine en 1914, passe à près de cinquante au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, tandis que le cap du millier d’élèves est
franchi pour la première fois en 1944.
Peu à peu l’enseignement de la civilisation s’individualise par rapport à celui de la langue. Les "événements" de 1968 provoquent, à l’Ecole nationale des langues orientales vivantes (ENLOV),
comme partout en France, une modification profonde de l’institution et des mentalités. Après divers avatars (CULOV,Centre universitaire des langues orientales vivantes), l’école devient, en 1971,
Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), rattaché à l’université Paris III.
Cette période est marquée à la fois par une très forte augmentation des effectifs et par un éclatement géographique : le bâtiment historique de la rue de Lille, à peu près suffisant jusqu’en
1968, ne peut plus faire face à l’accroissement des inscrits. Le Président Edgar Faure, alors ministre de l’Education nationale, ancien élève diplômé de russe, installe "provisoirement" les cours
dans une partie des bâtiments laissés par l’OTAN, porte Dauphine, dans le 16ème arrondissement de Paris. En 1970, il faut ouvrir d’autres centres d’enseignement, l’un à Asnières, l’autre à
Clichy, le dernier en date, celui de la rue Riquet, l’a été en octobre 2001 (Afrique et Formation Continue).
Un nouveau statut pour l’établissement en 1985
En 1985, l’INALCO retrouve son autonomie et devient
"grand établissement à caractère scientifique, culturel et professionnel", au sens de la loi du 26 janvier 1984
sur l’enseignement supérieur, directement rattaché au ministère de l’Éducation nationale. Le décret statutaire du 14 mai 1990 lui assigne pour missions :
- d’assurer des formations initiales et continues portant sur l’étude des langues et des civilisations de l’Asie, de l’Afrique, de l’Europe orientale, de l’Océanie et des populations
amérindiennes et sur la géographie, l’histoire, les institutions, la vie politique, économique et sociale des pays concernés ; - de développer la recherche dans ces différents domaines,
notamment en relation avec d’autres organismes de recherche français ou étrangers ; - de contribuer, par la diffusion de ses productions scientifiques et pédagogiques, à la connaissance des
pays concernés ; - de favoriser les échanges universitaires et culturels et la coopération entre la France et les pays intéressés".
Aujourd’hui, l’effectif des étudiants excède les
onze mille, tandis que le nombre des langues enseignées approche les
quatre-vingt-dix, couvrant tous les
continents.
Plus de deux siècles d’existence fondent une tradition et créent un savoir-faire. Au fil des ans, les Langues O’ sont devenues un établissement unique au monde, accueillant des étudiants venus de
tous les horizons ; aucune institution, aucun pays n’offre en un même lieu une telle diversité de cours (
plus de mille cinq cents), une telle possibilité d’ouverture, une
telle richesse de connaissances.
Les dates clés
1669
Création par Colbert de l’Ecole des jeunes de langues
1795
Création de l’Ecole spéciale des Langues orientales (décret-loi du 10 germinal an III)
1795-1824
Louis-Mathieu Langlés premier président
1824-1838
Sylvestre de Sacy président
1874
Transfert de l’Ecole au 2 et 4 rue de Lille
1914
De « spéciale » l’Ecole devient « nationale », elle est alors connue sous le surnom de « Langues O’ »
1944
Le cap du millier d’élèves est franchi
1970
Ouverture de centres d’enseignement à Dauphine, Asnières et Clichy
1971
L’Ecole devient l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), rattaché à l’université Paris III
1985
Fin du rattachement à Paris III
L’INALCO devient « Grand établissement à caractère scientifique, culturel et professionnel » au sens de la loi du 26 janvier 1984 sur l’enseignement supérieur
2004
L’effectif des étudiants excède les 12000 tandis que le nombre des langues enseignées dépasse les 90, couvrant tous les continents
2007
Entrée en scène de la réforme LMD: M et D
Mon premier contrat Rectorat
2008
LMD suite: le L
Mon second contrat Rectorat - Mon concours SASU
2009
Ma titularisation et la création de mon poste ^^
Plus d'infos:
http://www.inalco.fr/
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